Le film pose la question frontalement : si le système transforme ta révolte en spectacle, tu fais quoi ?
Wright mélange V for Vendetta et Black Mirror, l’épisode aux vélos d’appartement, pour dire quelque chose de simple et de terrifiant : on ne croit plus ce qu’on voit, mais surtout, on croit ce qui nous arrange. L’émotion écrase la réflexion, et ça arrange bien ceux qui nous regardent crever.
À la fin, le Network propose à Ben de devenir le Hunter de la Vengeance. De transformer sa rage en produit. Il refuse. Et c’est là que le film choisit l’espoir plutôt que le fatalisme. J’aurais voulu qu’il cède. Qu’il devienne ce qu’il combat. Parce que c’est ça, le monde, à mes yeux : le système gagne toujours, même quand tu crois l’avoir réduit en cendres. Mais le film va là où il doit aller. C’est juste moi qui porte un regard plus sombre sur l’humain.
Et puis il y a ce détail qui ne trompe pas : Stephen King, qui déteste la plupart des adaptations de ses œuvres, valide celle-ci. Ce n’est pas rien. Wright a sans doute mieux saisi le message du Running Man que ceux qui lui reprochent de ne pas s’être vautré dans son style pur.