Découvert presque vingt ans après sa sortie, et le choc visuel est intact. Le film n’a pas pris une ride. Son esthétique, directement décalquée des bandes dessinées de Frank Miller, lui donne une identité graphique unique : noir et blanc ultra contrasté, et quelques taches de couleur pour faire ressortir un détail, un symbole, une robe. C’est ce parti pris radical qui lui permet de traverser les années sans rien perdre de sa force.

Côté récit, ça s’organise en plusieurs arcs, façon Pulp Fiction, qui s’entrecroisent dans la même ville pourrie jusqu’à l’os. Ils sont inégaux en intensité et assez semblables dans leur structure : des figures tragiques, des anti-héros au code moral brut, de la violence stylisée, un ton noir en permanence. Le côté répétitif peut se sentir, mais il nourrit aussi la cohérence de l’ensemble. Basin City est un bloc, et chaque histoire en est une facette.

Mon moment préféré : la relation entre le vieux flic de Bruce Willis et la gamine qu’il protège, en ouverture. Une tendresse inattendue dans un monde aussi brutal. Et quand cette dynamique revient en toute fin de film, disons que ce n’est plus tout à fait le même délire… Et ça passe moins :D

Je comprends maintenant pourquoi Sin City est devenu culte : pour son audace visuelle, son ton pulp totalement assumé, et cette façon très stylisée de raconter des histoires violentes qui, l’air de rien, finissent par toucher.