Le pitch a de quoi allécher : un pont noyé dans le brouillard, un carambolage géant, et une meute de chiens militaires trafiqués qui s’échappent pour faire la chasse aux survivants. Film catastrophe plus creature feature, présenté à Cannes en séance de minuit, on se dit qu’on tient un petit plaisir coupable.

Sauf que c’est cousu de fil blanc du début à la fin. Le film coche les cases sans jamais y croire. Les effets spéciaux font le grand écart : parfois corrects, parfois carrément datés, et ça ne pardonne pas quand tout l’enjeu repose sur la tension.

Le vrai souci, c’est la cohérence de l’univers. Les personnages réagissent comme s’ils récitaient un manuel du film d’horreur, jamais comme des êtres humains coincés sur un pont avec des clébards enragés aux trousses. Du coup, on ne tremble pas : on reste à distance, presque spectateur du cliché qui se déroule. On voit tout venir.

Je l’ai lancé par pure curiosité, et je n’ai pas vraiment passé un bon moment. Rien de catastrophique non plus. Juste très moyen. Le genre de film qui occupe une soirée et qui s’efface de la mémoire à la seconde où le générique défile.