Le grand reset Xbox me fout la gerbe.
id Software en souffrance à cause de Microsoft.
J’étais un gameur console jusqu’à la découverte sur PC de Doom, j’avais 8 ans, et ce jeu m’a happé direct, il y avait aussi AoE dans l’équation, et tiens, tiens, Microsoft, on y reviendra.
Toute une famille est née de ce studio Légendaire, ce qu’on appelait les Doom-like.
Wolfenstein, Quake, Doom, Rage.
Je ne compte plus les heures passées devant leurs jeux.
Le studio a eu un passage à vide, en 2004 à la sortie d’un Doom 3 accueilli tièdement par le public. Direction artistique trop différente des racines, tombant dans l’horreur plutôt que le fast shooter nerveux qui demande des réflexes.
Le come-back 2016, lui, a été une claque énorme autant de la critique que du public.
Je retrouvais l’essence et le kiff des premiers jours.
Le retour de Doom, papa des fast shooters, dans une époque qui en manquait cruellement, au passage RIP le nouveau Unreal Tournament, que j’attendais de pied ferme, sacrifié sur l’autel de Fortnite.
Le gameplay, la BO, le moteur maison optimisé de façon dingue, tout y était.
Une trilogie a suivi, avec un moteur toujours aussi affûté, capable de taper les 1000 FPS et d’avaler les technos NVIDIA les doigts dans le nez.
id Tech est définitivement un moteur à part !
id s’était remis sur les rails de la plus belle des manières, avec derrière eux la communauté Doom qu’on connaît.
Et puis l’ogre Microsoft est entré dans l’équation.
Parce que oui, jadis, il y a fort longtemps, Microsoft sortait des jeux terriblement qualitatifs.
Comme Age Of Empires. Un des jeux qui m’ont fait passer de belles heures dans mon enfance.
Et déjà à l’époque, Microsoft laissera mourir à petit feu Ensemble Studio.
Mais ça, c’était avant.
Depuis l’avènement de la Xbox et par la suite les rachats frénétiques de l’ère Phil Spencer, le scénario se répète en boucle : un studio racheté, et peu de temps après, des licenciements.
Malheur : Bethesda et id Software sont tombés dans le panier.
Spencer s’en va, Asha Sharma prend la main, une dirigeante venue du produit et de l’IA, jamais du jeu. id sort le dernier Doom de la trilogie et son DLC, ça prend toujours autant auprès du public.
Et là, Microsoft dégaine son reset et vire plus de la moitié du studio.
L’équipe en charge du moteur maison, anéantie.
Les news parlaient même d’un seul gars encore debout au Texas ; Microsoft a démenti en jurant qu’ils restent « des dizaines » répartis sur plusieurs sites, sans jamais dire combien ils étaient avant, ni combien de vétérans du moteur ont sauté.
Entre la parole des employés virés et la com’ d’un géant qui vient de mettre son propre moteur à mort, mon choix est fait.
id Software réduit à une cinquantaine de personnes, alors qu’ils avaient des projets plein les cartons.
Depuis l’annonce de ce reset, id a fait un communiqué, mais à quel point sont-ils pieds et poings liés à l’ogre qui vient de les saigner ?
Ce qui saute aux yeux : Microsoft, le gaming, ils s’en torchent le fion.
Ils ne pensent qu’au chiffre, et ils laissent l’hégémonie à venir au moteur Unreal Engine alors qu’ils auraient pu miser en interne sur id Tech pour tout un tas de projets.
Rien à foutre des déclarations : les actes parlent pour eux.
Microsoft n’a aucune âme, aucun respect.
Et je suis bien content de m’être libéré de leur OS, qui prend une direction tout aussi navrante.
J’espère sincèrement que les équipes virées réussiront à renaître dans un nouveau studio.
J’y crois un peu, quand on connaît l’attachement du milieu à Doom, ces gens qui s’acharnent à le faire tourner sur le moindre objet incongru qui traîne.
Force à toutes les équipes d’id. Vous avez fait battre mon cœur de gamer pendant des années, et on est nombreux, impuissants devant ce qui vous arrive.