Un vrai slice of life dans Little Italy, au cœur du New York des années 70. Le film transpire la rue, les tensions communautaires, la petite criminalité de tous les jours. J’ai tout de suite été happé par l’ambiance poisseuse, par ces cadrages serrés qui étouffent presque les personnages, par cette esthétique brute.

J’ai eu un peu de mal à accrocher à la performance de Harvey Keitel, moins marquante à mes yeux que d’autres, mais son personnage s’inscrit bien dans cette fresque nerveuse et instable. C’est surtout la mise en scène qui donne une énergie folle à l’ensemble : caméra mobile, lumière naturelle, bande-son envoûtante. Be My Baby des Ronettes, Jumpin’ Jack Flash des Stones, Scorsese cale déjà tout son film sur la musique, comme il le fera plus tard dans Les Affranchis ou Casino.

Même si l’intrigue laisse vite deviner sa trajectoire, le film brasse des thèmes forts : la pression familiale, les tensions raciales, la maladie aussi, avec l’épilepsie de Teresa, traitée comme une tare par l’oncle qui régente tout. Autant de fils qui enrichissent ce portrait d’une époque.

Ce n’est pas forcément un film que je reverrai. Mais le voir une fois s’impose comme une expérience marquante, presque documentaire, sur les origines mêmes du cinéma de Scorsese.