Beaucoup le comparent à L’Amour ouf, et je l’entends parfaitement. La petite histoire le veut, d’ailleurs : Gilles Lellouche voulait réaliser cette adaptation, puis a préféré se consacrer à L’Amour ouf, et a soufflé les frères Boukherma aux producteurs. Sauf que pour moi, ce film fait moins bien dans à peu près tout ce qu’il entreprend.
Le point fort, c’est lui, justement. Lellouche, qui ne réalise pas mais joue le père, est vraiment très touchant. La violence sourde qu’il dégage, son désespoir rentré, c’est ce qui reste une fois la lumière revenue.
Le reste avance avec de gros sabots. La photo est superbe, mais elle en fait des caisses et finit par romantiser un passé fantasmé plutôt que de le regarder en face. J’ai beaucoup de mal avec l’acteur principal : on veut visiblement qu’il soit à fond dans son rôle d’ado, je comprends l’intention, mais ça ne prend pas chez moi. La rivalité et la vengeance sont mal foutues, surtout dans la construction des personnages. L’antagoniste est mal creusé, complètement cliché, et c’est d’autant plus rageant qu’il a un vrai charisme à exploiter.
Le plus frustrant : j’ai cru comprendre que le roman creuse pas mal la question des classes sociales. C’est exactement ce que j’aurais voulu voir fouillé, plutôt que de rester en surface du début à la fin. La matière était là, brûlante. Le film a préféré la jolie lumière.