Historique de mon parcours dans l’univers des Nas
SYNOLOGY, MA PORTE D’ENTRÉE
Mon premier NAS, c’était surtout pour son usage premier : du stockage sécurisé. Un Synology DS414j, acheté vers 2014-2015. Je voulais y mettre mes films, mes séries, mes animés, pour deux raisons : un, ne pas les perdre ; deux, me monter une sorte de Netflix avant l’heure, branché sur la télé de ma mère, que je pouvais remplir à distance une fois remonté à Paris. Je suis un peu maniaque de l’archivage, ça m’allait très bien.
J’ai essayé deux ou trois trucs dessus au début, héberger un forum PHP entre autres, mais ça m’a vite gonflé et j’ai laissé tomber. Le NAS stockait, servait les films, c’était l’objectif. Parfait ! Pendant des années j’ai pas cherché plus loin.
LE QNAP
Fin 2016 je bosse comme technicien chez LDLC. En 2020 je me dis que ça serait bien d’avoir un NAS à la maison à moi. Et comme je conseille des clients toute la journée, autant aller voir la concurrence pour savoir de quoi je cause. Je prends un QNAP, le TS-453D.
Pareil au début, je stocke, point. Et puis un jour je me demande comment les gens montent leurs fameuses stacks Arr, et je tombe sur Docker. L’interface QNAP pour ça était correcte, mais elle m’a pas donné envie d’y passer du temps. J’étais pas réceptif, pas le moment sûrement.
L’EXTENSION QUI M’A SAOULÉ
À un moment je sature niveau place. Je prends l’unité d’extension QNAP, il y a même pas deux ans, avec un 10 To en plus. J’avais déjà trois 8 To et un 10 To tout seul dans son coin.
Deux trucs m’ont énervé assez vite. Un, je perdais une tonne de place à cause des disques de tailles différentes, le NAS s’aligne sur le plus petit et le reste part en fumée. Deux, l’extension déconnait, des problèmes de synchro qui revenaient sans prévenir. Bref j’étais pas content de mon achat.
Donc je me dis je revends tout et je reprends un truc avec plus de baies direct. Sauf que pour garder mes données sans galérer, fallait rester chez QNAP, et leur 8 baies du dessus, le TS-873A, c’était 1599 €. J’ai aussi regardé du côté de Ugreen, cette « nouvelle marque » sur le marché du NAS, pas chère et qui a l’air prometteuse. Et puis je me suis dit que tant qu’à mettre ce prix, je pouvais peut-être me le monter moi-même et arrêter de dépendre d’une marque.
LA CARTE QUE J’AVAIS PAS VUE VENIR
Au début je pensais à un petit PC classique, du mini-ITX avec un APU, le grand classique. Et en fouillant je tombe sur un forum qui parle des cartes CWWK, des trucs pensés pour faire des NAS.
J’ai creusé, et la carte que je vise a pas mal d’atouts, en plus d’un prix contenu. Son Core i5 8265U fait au moins aussi bien que le Ryzen V1500B que je convoitais, et en plus il a une puce graphique intégrée, donc il sait transcoder de la vidéo, ce que le Ryzen sait pas faire. Le Ryzen garde l’ECC pour lui, c’est son avantage. Sur la carte y a tout ce qu’il faut pour un NAS, huit ports SATA, deux prises 2,5 Gb, deux emplacements NVMe.
Et le truc cool, j’avais déjà presque tout. De la SODIMM qui traînait pour monter à 32 Go, deux NVMe d’un To pour le cache. Rien à racheter de ce côté-là. Le boîtier c’est un Fractal Node 804, du costaud, huit disques rentrent dedans et la carte en gère huit. La carte m’a coûté 185 €. Et moi le gars team AMD, je me retrouve avec de l’Intel dans le NAS. Bon. Il y avait bien des CWWK en Ryzen, mais plus chères, donc Intel, sans état d’âme.
LE TRANSFERT, LONG ET CHIANT
Le plus relou c’était de faire passer les données du QNAP vers la nouvelle machine sans tout perdre.
J’avais deux 10 To montés ensemble et un troisième 10 To vierge. J’ai commencé par vider les deux qui étaient en grappe, parce que c’étaient des disques neufs et que le risque qu’un lâche en plein milieu était faible. Pari un peu casse-gueule, parce que pendant tout ce temps je tournais sans parité, donc sans filet si un disque mourait.
Une fois ces deux-là vidés, ça me faisait trois 10 To, et j’ai vidé les 8 To un par un en ajoutant les disques au fur et à mesure. Unraid gère ça bien, tu déplaces, t’ajoutes un disque, tu continues. Ça a pris un temps fou et c’était chiant, mais tout est arrivé entier. La parité je l’ai mise qu’à la fin, une fois que tout était en place.
Aujourd’hui la machine tourne avec huit disques, deux 10 To en parité et 10+10+8+8+8+8 de données. J’avais commencé avec une seule parité d’ailleurs, j’en ai rajouté une deuxième après, Unraid laisse faire ça sans tout casser. Et oui, j’ai racheté quelques 10 To en route, je sais.
DOCKER, ENFIN
Là, ça a marché direct. Le bon moment, sûrement. Sur le QNAP j’avais pas eu envie de creuser Docker, sur Unraid j’avais l’impression d’avoir un terrain de jeu, le genre de truc qui m’a refait l’effet de mon premier PC quand j’avais huit ans. Du coup je me suis lâché.
La plupart de mes stacks je les ai faites avec une IA, et je le cache pas. Je suis pas dev, mais j’ai plein d’idées et je sais débuguer quand ça coince. Elle m’expliquait comment marche Docker et comment ça se configure, je lui faisais relire à chaque fin de chantier, et on a posé les conteneurs tranquillement les uns après les autres. Ça m’a pas transformé en développeur, ça m’a juste permis de faire ce que j’avais en tête.
CE QUE J’AI DESSUS
Concrètement je fais tourner pas mal de petites choses maison. Un agrégateur que je me suis monté pour suivre mes sites de news, je l’ouvre tous les jours. Un outil pour organiser mes idées et écrire mes projets de roman, taillé exactement comme je bosse, un truc que j’aurais jamais trouvé tout fait. Des petites applis perso pour ma chérie et moi, accessibles partout via Tailscale. Une stack de traduction avec Whisper pour les documentaires en anglais.
Et d’autres trucs dont je vais juste dire qu’ils existent, une stack Arr autour de qBittorrent, des outils pour préparer mes uploads vers des trackers privés. Je développe pas tout ça pour rien, tu vois l’idée.
PLEX, NON MERCI
Le serveur média c’est l’exemple parfait. J’allais prendre le pass Plex à vie, l’option qui se tient, autour de 250 €. Et là Plex annonce qu’au 1er juillet 2026 le pass à vie passe à presque 750 €. Trois fois le prix !! Ils ont même laissé entendre qu’un jour ils pourraient carrément le supprimer. Ça sera sans moi.
Je connais Jellyfin, gratuit, libre, j’aurais pu m’arrêter là. Mais j’avais envie de voir si j’étais capable de le faire moi-même, de zéro. Plus pour le défi qu’autre chose, c’est le genre de chantier qui me fait kiffer.
On a commencé par le moteur : l’identification des fichiers, le plus chiant à faire proprement sans qu’il me sorte n’importe quoi. Ça a été galère ! Mais maintenant ça marche super bien, et c’était LA condition pour aller plus loin. Le reste vient par-dessus petit à petit. Ça fait plus d’un mois que je suis dessus, c’est opérationnel à 80 %. Il me reste du boulot, mais je m’en sers déjà, donc c’est une victoire, même s’il reste du taff.
POURQUOI C’EST MIEUX, EN FAIT
Le truc que je veux vraiment dire, c’est pas que ça m’a ouvert un atelier de création. Ça oui c’est cool, mais Docker je pouvais le faire sur le QNAP aussi, donc c’est pas l’argument.
L’argument c’est que pour bien moins cher que ce que demandent ces marques, j’ai un NAS solide, qui tourne bien, et qui est ouvert. Pas un 8 baies hors de prix. Et pas non plus le bazar Synology de l’an dernier, quand ils ont voulu forcer leurs propres disques sur leurs modèles 2025, que ça a gueulé de partout, que leurs ventes ont plongé et qu’ils ont fait machine arrière à moitié sans qu’on sache trop où ils en sont aujourd’hui. Tant que tu prends pas un peu de recul, tu te rends pas compte qu’on peut faire mieux pour moins.
Et le jour où ma carte mère crame, je rachète une carte mère. Pas un NAS complet chez la marque parce que mes données seraient coincées dans leur système. La licence Unraid à vie payée une bonne fois, ou un OS gratuit si tu préfères, et t’es peinard. 185 € la carte. Ça me va.
Bref. La machine est à moi, je peux la réparer, elle m’a coûté beaucoup moins, et j’ai encore une tripotée de projets à lui coller dessus.